Le Brésil vote pour l’interdiction d’avorter

Le Brésil vote pour l’interdiction d’avorter

On n’oublie bien trop souvent la chance que nous avons d’être en France. L’IVG est un droit en France depuis 1975 grâce à la loi Veil. Cette loi a changé la vie des milliers de françaises qui devaient se cacher et se faire avorter dans des conditions déplorables et absolument pas hygiénique. Bien souvent ces femmes attrapaient de graves maladies ou mourraient suite à l’opération clandestine. Mais cette situation reste actuelle pour encore beaucoup trop de femmes dans le monde.

Les ultra-conservateurs du Brésil veulent interdire le droit à l’avortement déjà très réduit dans le pays. En effet les brésiliennes ont le droit d’avorter que dans 3 cas très précis: en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de malformation du foetus. Si une femme outrepasse cette interdiction elle risque une peine de 4 ans de prison. Il n’y a dans tout le pays que 65 établissements dédiés à l’IVG, on a comptabilisé cette année environ 1 600 interruptions de grossesses légales sur une population de 200 millions d’habitants… Malgré ces rares établissements les femmes n’ont pas accès à ce droit car elles sont dans des villages reculés avec aucun moyen de transport, la plupart sont pauvres et ne peuvent avorter. Elles sont donc condamnées à subir leur grossesse que ce soit à la suite d’un viol ou que leur enfant ne puisse survivre à la naissance.

Le brésil a tenté de faire une avancée en assouplissant la loi de l’avortement en mai dernier. Selon l’arrêté, tous les établissements hospitaliers publics ayant un service gynécologique devaient accepter l’interruption de grossesse dans le cadre stricte et légal de l’IVG au Brésil. Cet assouplissement n’aura duré qu’une semaine. Mais les groupes parlementaires ultra-conservateurs qui considéraient cet arrêté comme une acceptation de l’avortement et un pas vers le droit à l’IVG ont fait tomber ce nouvel amendement.

Aujourd’hui le Brésil va plus loin et face à cette ouverture sur l’IVG les groupes parlementaires religieux se réunissent pour rendre l’avortement complètement illégal.

Cette nouvelle n’a absolument pas fait la une des journaux et pourtant, c’est un droit fondamental que le pays s’apprête à retirer à ces femmes.

Rappelons que le Brésil est un pays ultra catholique où la religion est reine et décide de nombreux faits et gestes des habitants (surtout dans les villages et régions reculées du pays). Ce sont des hommes chrétiens et conservateurs qui veulent décider du droit de ces femmes, et proposent l’interdiction totale de l’interruption volontaire de grossesse.

Si le Brésil adopte cette lois, il rejoindra la longue liste des 18 pays où l’IVG est illégal le Nicaragua, le Surinam, le Salvador, Haïti, la République Dominicaine, les Philippines, les îles Palaos, le Sénégal, la Guiné-Bissau, le Congo, le Gabon, Djibouti, Malte, Madagascar, Andorre, le Vatican et Saint Martin.

Le sort de millions de femmes brésiliennes tient à un vote parlementaire disputé entre des élus de sexe masculins.